Emirates Woman
The Wellness Issue, Studio La Brique Rouge
Il faut commencer par le dire : le bien-être n’est plus cette chose molle, vaguement laiteuse, qu’on associe à la lenteur obligatoire, au souffle contrôlé et aux couleurs pastel. Il a changé de camp. Il a durci. Il s’est verticalisé. En janvier, au Studio Photo La Brique Rouge à Paris, lieu de production éditoriale et de création artistique, Emirates Woman est venu chercher autre chose : non pas une promesse de douceur, mais une tenue. Une tenue du corps, de l’allure et de l’esprit, pensée pour un édito international, entre photographie, mode et regard contemporain.
Ce qui se joue ici relève moins du repos que de la puissance contenue. Une féminité qui ne s’excuse pas d’exister, qui ne se raconte pas en creux, qui ne cherche ni la validation ni la consolation. Une féminité qui sait exactement où elle pose les pieds, et pourquoi elle avance, dans un shooting éditorial à Paris, conçu comme un portrait de force et de présence.
Le récit photographique s’organise autour de cette idée simple et exigeante : la force n’est pas un spectacle. Elle est un état. Elle ne s’annonce pas, elle se manifeste, dans un photoshoot éditorial pensé pour un cover magazine mode, entre portrait, beauté et affirmation visuelle.
Le corps comme syntaxe
Au centre des images, Karen Joigny. Non pas comme sujet décoratif, mais comme axe. Le corps devient ici une phrase complète, avec sa grammaire propre : angles, suspensions, tensions maîtrisées. Chaque pose est une décision. Chaque immobilité contient un mouvement prêt à surgir, capté dans un studio photo, au cœur d’un travail de photographie de mode.
Il n’y a pas d’abandon passif dans cette série. Même les silences sont tenus. Le corps ne s’offre pas. Il ne cherche pas à séduire. On ne regarde pas ces images comme on consomme une esthétique. On y entre comme dans une zone de concentration, entre portrait, émergence créative et regard contemporain.

Wellness, sans l’injonction
Ce que propose Emirates Woman ici, c’est une lecture du bien-être débarrassée de la performance et de la morale. Pas d’idéologie du dépassement, pas de culte du corps parfait. Le wellness, tel qu’il se déploie dans cette série, est une forme d’alignement. Une solidité intérieure. Une capacité à tenir droit sans raideur, pensée dans un édito beauté qui dialogue avec la mode internationale.
La force n’est jamais agressive. Elle est calme. Dense. Elle se lit dans la posture plus que dans l’effort, dans la continuité plus que dans l’exploit. Une discipline intime, presque invisible, mais profondément active, comme un portrait qui s’impose sans bruit.









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